Autour
d'une collection familiale et provinciale
de tambours

1
Le
(supposé) plus vieux, le premier dans la famille,
vers 1872. Comme les Vignon de cette génération
(parmi eux Jacques et Jean-Claude, voir www.vignonmusic.fr/famille.htm) étaient neuf enfants dans
la ferme d'un hameau de Chirassimont, il est
plus que probable que ces premiers instruments
arrivèrent déjà usagés. Donc, la fabrication
en est certainement sensiblement antérieure.
Ce tambour, surnommé le "gros rouge"
(en référence à la couleur des cercles et
coulants, en fait d'un grenat foncé tirant
sur le marron) a un fût extrêmement mince,
un peu plus haut que le tambour d'ordonnance
: 225 mm. Il est néanmoins très léger : 2,900
kg. Une plaque de renfort a été soudée, une
fixation du pontet ayant déchiré la tôle de
laiton d'origine. Il possède comme tous les
autres le génial dispositif d'accroche timbre
à réglage différentiel http://www.vignonmusic.fr/images/roulage10.JPG.
D'où ce système provient-il ? Peut-être Jean-Claude,
avec son esprit particulièrement ingénieux,
en est-il l'initiateur … En tous cas, je ne
l'ai jamais vu par ailleurs. Monté en peaux
de veau, ce tambour qui sonne très bien est
toujours particulièrement agréable à jouer. 2
Ce
tambour a un fût de seulement 195 mm. de hauteur,
et neuf coulants, ce qui accroît doublement
l'angle du cordage. On en ignore la raison.
Il est aussi dans la famille depuis "toujours".
On peut penser que Jean-Claude et ses deux
fils, Antoine et Gustave, se sont parfois
échangé les instruments, mais ce tambour était
joué par Antoine dans ses dernières années
de pratique, soit jusqu'en 1960. 3
Tambour
classique, mais un peu haut : fût de 220 mm.
Il vient de chez Gustave, je n'en connais
pas l'origine. Il est à remarquer que sur
ces anciens tambours, et bien sûr tous ceux
qui suivent, le passage du cordage commence
bien au deuxième trou à droite du pontet.
Ceci est conforme aux prescriptions des Maîtres
Alexandre Raynaud (copie de méthode, pages
7 et 8) et Charles Gourdin (méthode, page
7). Cette règle, dictée par des considérations
pratiques, dont ce n'est pas ici le sujet,
n'est plus du tout systématiquement respectée,
y compris sur certains tambours neufs. Cela
est bien dommage. 4
Tambour
de mon Père Robert jusqu'en 1964. Il a un
fût laiton que mon Père avait fait chromer
vers 1959. Il est à noter que cet ancien tambour,
comme les précédents (n° 1, 2, 3) a des cotes
de fût imprécises. Il est impossible (mais
ce serait une hérésie) de les monter en peaux
synthétiques. Parfois même, le fût est conique,
il entre côté timbre, mais pas côté frappe,
ou inversement. Il convient donc d'avoir en
réserve des cercles de roulage non fermés,
à ajuster au besoin quand on veut essayer
une nouvelle peau, voir www.vignonmusic.fr/roulage.htm . 5
Avec
mon Père, nous avons fait fabriquer ce fût
Inox, vers 1968, à une entreprise de la région
roannaise spécialisée dans les remorques citernes
de lait. Il reprend la hauteur 225 mm. du
n° 1. Il a été muni du tire-timbre à déclenchement
rapide vendu à l'époque chez Milliens. Cet
instrument a été pendant quelques années mon
tambour usuel. 6
J'ai
fait faire ce fût, vers 1977, en cuivre argenté,
hauteur 215 mm. en guise "d'expérience",
et l'ai monté avec un déclencheur type Asba.
Il sonne très bien en peaux animales, mais
est plutôt lourd : 4,350 kg., et d'entretien
(nettoyage type argenterie) difficile. 7
Voilà
l'Asba "maître". Commandé par mon
Père Robert en 1963, sur les conseils de Monsieur
Goute, qui avait lancé cette toute première
série de tambours d'ordonnance pour la Musique
de l'Air. Il est entré dans la famille tout
début 1964. Il avait coûté 402,80 Francs,
facture ASBoudArd n° 019321 du 25 novembre
1963. La fabrication était alors particulièrement
soignée. Il a assuré un long, régulier, soutenu,
service. Le cordage, les coulants, et bien
sûr les peaux ont été changés, les autres
parties restant d'origine. J'ai passé tous
mes examens et concours sur ce tambour. Il
est à noter qu'il pèse 3,650 kg., alors que
tous ceux des fabrications suivantes (dont
le n° 8 ci-dessous) pèsent seulement 3,150
kg., à cause d'un fût Inox plus mince. 8
J'ai
acheté chez Asba ce tambour d'ordonnance en
1971. Je l'avais reçu, très en retard, en
pièces détachées. Je me souviens l'avoir monté
pendant le premier stage de chefs de pupitre,
à Dijon en 1971. Il a énormément "tourné"
lui aussi. Il est actuellement monté avec
deux peaux synthétiques originelles, marquées
"Remo for Asba". 9
Encore
un tambour de fabrication "maison"
(1991). Le fût a été réalisé aux cotes "actuelles"
par un bon chaudronnier métallier local, en
alliage léger, et anodisé à Vénissieux (Rhône).
Il est équipé d'un déclencheur Asba. Il a
servi de prototype pour les suivants (n° 10,
11, 12) et aussi ensuite de banc d'essai pour
la peau Renaissance ou pour le muffle. Il
est en effet très simple à utiliser, il suffit
de le tendre, et ça sonne sans problème, toujours,
régulièrement. 10
Tambour
de l'Indépendante de Chirassimont, voir www.vignonmusic.fr/indep.htm
. Il appartient
à la "série" de neuf, fabriqués
en 1992, d'après le modèle précédent (n° 9),
légèrement amendé là où il le fallait. Les
fûts ont été réalisés à la Fondation de Coubertin,
à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), voir
http://www.coubertin.fr
. Les déclencheurs, copie Asba, et les accroche
timbre dessinés afin de reprendre la fonction
vue plus-haut (n° 1) ont été fabriqués par
une entreprise de mécanique de semi-précision
locale. Les autres fournitures ont été achetées.
Ces tambours, légers pour leur taille : 3,650
kg., sonnent bien, sont d'un entretien très
facile, et vieillissent tout à fait correctement. 11
Identique
au précédent, un deuxième exemplaire de la
série de neuf tambours. 12
Presque
identique aux précédents. Fabriqué en 2005
pour avoir sous la main un (très) bon tambour
à fût noir. Le fût a été réalisé spécialement
comme celui du n° 9, la seule différence étant
l'anodisation couleur noir. Cette technique
permet en effet d'obtenir (et de changer si
l'on le désire) facilement et relativement
économiquement une couleur au choix. Et comme
il restait dans un tiroir un déclencheur et
un accroche-timbre de la série fabriquée en
1992 … Les quatre tambours "hauts"
n° 9, 10, 11, 12, sont actuellement équipés
d'une peau de frappe Remo Renaissance Ra,
et d'un muffle Remo. 13
Ce
tambour m'a été offert il y a quelques années
par Monsieur Joseph Jusselme, Président de
l'Indépendante de Chirassimont, et Père de
quatre garçons musiciens, dont Barthélémy,
1° Prix 2011 de Tuba du Cnsm de Paris, mention
Très Bien, qui a débuté à l'Indépendante de
Chirassimont comme … tambour (son premier
instrument, comme quoi) et qui en a aussi
été le directeur en 2002-2003. Le tambour
a été acheté en l'état en Alsace. Le modèle
semblerait indiquer qu'il aurait pu être fabriqué
alors que la belle province était sous domination
allemande (1871-1918). Il est de petites dimensions
: fût de diamètre 340 mm. et de hauteur 165
mm. et possède un serrage à six tringles. 14
Ce
tambour m'a été offert en novembre 2009 par
notre regretté ami Paul Batézat, voir www.vignonmusic.fr/paul.htm. Il l'avait reçu vers 1980
de la Fanfare de Genay (Rhône) en remerciement
de nombreuses années de cours de tambour réguliers,
toujours effectués gracieusement. Il s'agit
comme on peut le voir d'un modèle d'ordonnance
suisse, de marque Imperial, à douze coulants,
tire-timbre à triple réglage, timbres mixtes
huit brins boyau-métal. Il est complet avec
housse, baudrier, baguettes. Tout ceci dans
un état absolument neuf. Ses dimensions sont
: fût de diamètre 400 mm. et de hauteur 400
mm., son poids : un peu plus de 6,0 kg. En
réserve
Une
tarole (ou tarolle) fût laiton 380x140 mm.,
un ancien tambour trois-quarts, fût laiton
chromé 340x200 mm., et un ancien tambour demi,
fût laiton 320x180 mm., les trois instruments
étant à remonter un jour si besoin. Devant
Cinquante-quatre
paires de baguettes, mais c'est une autre
histoire. Philippe
Vignon - 2011-08-01retour page d'accueil |