Le Tambour
français présente plusieurs caractéristiques
remarquables :- une longue
tradition, essentiellement militaire (on l’appelle
d’ailleurs “Tambour d’Ordonnance”) mais une
utilisation devenue beaucoup plus variée,
grâce à un répertoire évoluant constamment,
soit dans le cadre de groupes musicaux, soit
par l'apport d’œuvres originales pour tambours
seuls émanant d'un nombre croissant de compositeurs- une technique complexe,
elle aussi en évolution, faite de bases rythmiques
et de combinaisons appelées “coups” ou "rudiments",
généralement désignées par une onomatopée- un enseignement demeuré longtemps
purement oral, ou reposant sur des écrits
empiriques, devenu méthodique depuis le milieu
du 20° siècle (ouvrages clairs, précis, analyse
rigoureuse : “Le Tambour d’Ordonnance"
volumes n° 1 & n° 2, de Monsieur Robert
Goute). On doit ajouter
que le Tambour n’est souvent pas considéré
encore comme étant un Instrument de Musique
à part entière, que son enseignement complet
n’est pas dispensé dans les Conservatoires,
que l’on rencontre des formes multiples, des
différences importantes (matériel, positions
et gestes, degré de technicité) d’un Pays
ou d'une région du monde à l’autre.En outre
le Tambour est un instrument qui s'exprime
habituellement en groupe, que ce groupe soit
seul, ou qu’il fasse partie d’un ensemble
instrumental.Il s’agit
là d’une différence fondamentale par rapport
à la plupart des autres instruments de la
famille des percussions. |
LE MATERIELLe
Tambour (détails) |
Les
baguettes |
Le
tambour silencieuxLe Tambour
étant très sonore par nature, il est souvent
utile de travailler sur un tambour silencieux.Les cours
en sont facilités, surtout quand ils sont
collectifs, les observations du professeur
pouvant se faire sans arrêter l’exécution,
avec plus de confort.Il est important
toutefois de battre régulièrement sur le “vrai”
Tambour, pour s’habituer au toucher toujours
différent, pour travailler le son (ceci est
particulièrement vrai par exemple pour le
roulement), le rendu des différents effets,
l’attitude, le geste et aussi bien sûr la
marche en jouant.Il existe
deux versions :- celle qui
consiste en un “tampon” attaché par une courroie
au genou gauche, que l’on pratique assis- le tambour
silencieux sur pied réglable, praticable assis
ou debout, qui est préférable par le son rendu
(ne pas choisir un modèle trop “muet”, rendant
difficile tout travail d’expression) et surtout
par la position semblable à celle que l’on
a avec le Tambour réel. |
Entretien
et réglagesL’état d’esprit et la qualité de
l’instrumentiste sont à l’image des soins
apportés à maintenir l’aspect et garantir
la sonorité de son instrument.On veillera
bien sûr à la propreté du Tambour. Un démontage
effectué de temps en temps permettra de nettoyer
les parties inaccessibles. On pourra en profiter
pour changer la position des peaux (rotation
de 120° par exemple).Il est toujours
préférable de détendre le Tambour après chaque
utilisation.Pour le tendre,
on serrera les coulants, régulièrement et
modérément, en deux tours (par 1 coulant sur
2). La sonorité du Tambour français est profonde,
grave sans excès. La recherche d’un son trop
clair par une tension élevée conduit en général
à la diminution du volume sonore rendu.On choisira
et on règlera les timbres pour obtenir une
pleine efficacité depuis le plus faible “piano”
jusqu’au “forte” le plus important. |
Ph.V.
1996-07-14 |